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CARITATIF – La Société Générale Française de Bienfaisance change de tête directrice

Fondée en 1845 par le Consul Général de Barcelone Ferdinand de Lesseps, l'an prochain la Société Générale Française de Bienfaisance fêtera ses 170 ans. A l'occasion de l'élection de son nouveau président Serge Bourgeois, l'édition barcelonaise du petitjournal.com est allé à sa rencontre mais également celle de Jean-Michel Nesins, vice-président de l'association, afin d'établir un état des lieux et d'évoquer les ambitions des bénévoles.

Serge Bourgeois et Jean Nesins / photo lepetitjournal.comSerge Bourgeois, établi depuis 41 ans à Barcelone, a été élu président de la Société Générale Française de Bienfaisance de Barcelone, il y a moins d'un mois. S'il est entré dans le monde associatif barcelonais il y a une trentaine d'années, par le biais de la Chambre de commerce française en tant que trésorier, il s'est engagé auprès du conseil de la Société de Bienfaisance depuis 6 ans, où il a occupé durant 4 ans la place de réviseur et commissaire des comptes. Quant à Jean-Michel Nesins, vice-président de la Bienfaisance, il est également un membre élu de l'Assemblée des Français de l'Etranger.

Lepetitjournal.com : Pouvez-vous revenir en quelques mots sur l'histoire de cette association ?

Jean-Michel Nesins : La Bienfaisance est une vieille association, la première association française en Espagne, qui a connu différentes époques. Et pour chacune d'entre elles, la Bienfaisance a toujours répondu aux besoins de la communauté française. Elle-même a créé l'école Ferdinand de Lesseps qui est désormais une fondation qui appartient au groupe de la Société Générale Française de Bienfaisance.

Serge Bourgeois : Désormais la Bienfaisance répond uniquement aux activités d'aides et d'entraides pour les Français de la province de Barcelone. Bien que nous collaborons avec les écoles de la fondation, en mettant à disposition les établissements, et que nous siégeons dans leurs conseils, celles-ci ont dorénavant une structure juridique différente.

Quel est le rôle quotidien de la Société Générale Française de Bienfaisance (SGFB) ?

S.B : Dans la gestion de tous les jours, je dirais que la SGFB a deux casquettes : une casquette de gestion des biens, d'ailleurs ce sont eux, qui nous permettent d'avoir des revenus pour pouvoir mener notre action sociale, qui est notre deuxième casquette. La gestion des biens et immeubles dont nous avons la propriété est assurée par des professionnels compétents, et les revenus des loyers nous permettent dans un premier temps de maintenir le parc immobilier en état et puis surtout d'avoir une deuxième casquette sociale, pour aider ponctuellement des Français dans le besoin.

Aujourd'hui, la société est propriétaire d'une trentaine d'appartements et d'une dizaine de locaux commerciaux sur la ville de Barcelone, qui en presque 170 ans ont été légués en faveur de la Bienfaisance pour aider la communauté française dans le futur.

Depuis toujours, la SGFB a surtout aidé des personnes âgées seules pour lesquelles nous apportons autant un soutien moral qu'économique, mais ces dernières années nous voyons un changement, nous aidons de plus en plus de jeunes personnes avec des enfants. Si nous avons ressenti très nettement la crise, il est aussi vrai que depuis 3 ans maintenant, les règles du jeu ont changé et les aides sociales qui étaient apportées par le gouvernement français à leurs ressortissants sur Barcelone, doivent désormais être apportées par le pays dans lequel vous êtes résidents. C'est-à-dire qu'il y a 3-4 ans, les Français se sont retrouvés, du fait de cette règle communautaire, du jour au lendemain à dépendre des aides apportées par la Generaliltat de Catalogne, inférieures aux aides qui étaient attribuées par le gouvernement français. Dans certains cas, la Bienfaisance est venue en aide pour compléter les besoins.

Par ailleurs nous suivons ces personnes en gardant contact avec elles de temps en temps. Notre action n'est pas uniquement financière. Et de ce fait le volontariat est important, nous avons donc des personnes volontaires qui visitent des familles ou des personnes seules pour les aider dans leurs achats quotidiens ou éventuellement faire toutes les gestions nécessaires. Enfin la Bienfaisance a été reconnu judiciairement pour s'occuper des personnes mises sous-tutelle. Jean-Michel Nesins s'occupe par exemple désormais d'une personne atteinte d'Alzheimer.

A partir de quels critères vous basez vous pour aider ces personnes dans le besoin ?

J.N : Il faut savoir que nous travaillons bien souvent en collaboration avec le Consulat de France. Environ 80-90% de personnes que nous aidons nous ont été envoyées par le Consulat car dans un premier temps elles se sont rendues au sein de leur service social. En effet les aides du Consulat deviennent de plus en plus rares et nous avons un budget social qui est presque deux ou trois fois supérieur au sien. L'an dernier il s'élevait à environ 102. 000€ pour les versements. Le Consulat nous envoie les cas difficiles. A partir de là et dans un premier temps, nous complétons le dossier qui nous a été transmis par le Consulat, et nous demandons quelles sont les aides qu'ils perçoivent. Nous sommes aussi présents pour les aider à faire leurs démarches auprès des administrations tel que la Generalitat ou la mairie de Barcelone, pour qu'ils essayent de toucher tout ce qu'ils doivent en principe recevoir. Nous nous occupons uniquement des personnes résidentes de la province de Barcelone : c'est ce qui est écrit dans les statuts de l'association. Mais également nous aidons les personnes de passage qui sont en difficultés sur Barcelone, qui ont subi un vol, qui n'ont plus d'argent, et qui ont besoin de retourner en France. Mis à part les aides ponctuelles, nous nous occupons d'une trentaine de cas permanents, que ce soit des personnes seules ou des familles.

Pouvez-vous établir un état des lieux du précédent mandat ? Et les projets que vous avez pour l'avenir de la SGFB de Barcelone ?

S.B : Le dernier mandat en date a été mené ces quatre dernières années par Armand Villalongue, qui s'est surtout centré pour mettre de l'ordre dans la maison, aussi bien sur l'aspect financier, fiscal et légal, que sur la partie d'organisation interne, en initiant un renouvellement important du Conseil d'Administration. Il a en effet recherché à rajeunir la structure de cette maison et de mettre de l'ordre dans les dossiers.

Concernant nos projets futurs, il va de soi de maintenir le travail qui a été fait. Mais j'ai également de nombreux rêves et le premier serait de relancer l'association en captant de nouveaux membres, parce que c'est une association qui aujourd'hui n'en compte malheureusement qu'une cinquantaine, et une grande partie sont des personnes âgées. Nous cherchons de ce fait à nous ouvrir auprès d'une catégorie de membres plus jeunes, parce qu'ils représentent l'avenir. Mon deuxième rêve est de créer au niveau de notre association de nouveaux programmes, concernant les aides pour toutes les démarches administratives, ce qui constitue un travail assez pointu. Ainsi nous avons besoin de trouver des collaborateurs, des volontaires pour nous aider, mais aussi mettre en place des programmes pour venir en aide aux personnes handicapées qui ne peuvent se déplacer de chez elles, que ce soit pour livrer des repas ou faire des courses, ou encore monter un club social pour les personnes âgées. Les projets sont sur le papier, il faut maintenant les mettre en place, et c'est pour cela que je lance un appel aux dons et à de nouveaux membres qui souhaitent s'engager pour pouvoir aider d'avantage.

Léa JOURDAN (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mercredi 9 avril 2014